Bien qu’abattue, Oaxaca continue de résister. Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Administrator   
05-03-2008
Ce texte a été écrit par un acteur de Mal de Ojo TV le 8 décembre 2006

Contexte, recensement et situation actuelle d’un peuple luttant pour ses droits et d’un gouvernement ne lâchant pas le pouvoir.

(Texte construit à partir de différents écrits et articles publiés et diffusés sur Internet)


Une brève description de Oaxaca

Oaxaca est un état mexicain possédant de grandes richesses ainsi que d’énormes pauvretés. 2/3 de ses 3 millions d’habitants sont indiens, la plupart paysans. Ils font partie de 16 groupes ethniques porteurs de traditions, de connaissances et de cultures millénaires. Différentes les unes des autres, elles rassemblent des centaines de variantes linguistiques et culturelles.

Oaxaca est également connu pour une marginalisation et une inégalité  très marquées. Les données officielles de l’INEGI (institut national de statistiques et d’informatiques) indiquent que la longévité de ses habitants est parmi les plus basses du pays et la mortalité infantile arrive en seconde place au niveau national. L’analphabétisme des adultes est une des plus importantes tandis que les indicateurs d’infrastructures telles que l’électricité, l’éducation, la santé et l’accès aux médias apparaissent parmi les plus bas.

Sous l’impulsion du phénomène migratoire, deux cents cinquante mille oaxaquègnes se rendent chaque année dans le Nord du pays ou aux Etats-Unis. Le nombre d’hommes et de femmes abandonnant leur terre natale est tellement élevé que le taux de croissance de la population figure parmi les plus bas de tout le Mexique.

Oaxaca a été un terrain fertile pour les injustices et l’impunité. Les richesses de Oaxaca sont prisonnières du caciquisme et cela depuis des siècles. La classe dominante est caractérisée par un flagrant mépris des cultures indiennes bien que ces dernières soient la matière première du tourisme, une des principales activités économiques.

La profonde inégalité augmente chaque fois  un peu plus la distance entre riches et pauvres.

Les racines du conflit

L’état a été gouverné par des groupes extrêmement corrompus dont les intérêts allaient toujours en faveur des riches en se préoccupant nullement du bien-être des pauvres qui constituent la majorité de la population. Les deux derniers gouverneurs : José Murat Casab (gouverneur de 1998 à 2004) et à présent le très détesté Ulises Ruíz Ortiz (depuis 2004) ont gravement nuit à l’état en favorisant leur parti politique-le Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI)- mais également pour s’enrichir et enrichir leurs alliés.

Après des résultats très serrés aux élections et des techniques de campagne hautement critiquées, Ulises Ruiz est arrivé au pouvoir de manière très questionnable. Beaucoup le considèrent illégitime. Une de ses premières actions en tant que gouverneur a été d’emprisonner les leaders sociaux qui s’opposaient à lui. Cela annonçait la teneur de ses relations avec la société civile de l’état de Oaxaca.

Ulises Ruiz, avant d’être gouverneur, s’était bâti une réputation douteuse basée sur son incroyable habileté à transformer l’argent public  en fonds privés. Depuis son trône de gouverneur, il entreprit la transformation du zócalo (NDT place principale de la ville) et il convertit le Palais du gouvernement en musée. Sans jamais consulter l’opinion publique, il remodela la Fuente de las Siete Regiones. Le projet bancal d’augmentation à 4 voies de la bretelle d’accès au Cerro del Fortín rencontra de graves problèmes d’ordre technique. La route fut fermée pendant de long mois à cause des travaux. Même si aujourd’hui elle est rouverte à la circulation, cette chaussée, suite à de nombreux écroulements et à des problèmes fondamentaux de tracé, reste inachevée. Il existe une quantité infinie de travaux de ce type : superflus, mal planifiés et sans aucune consultation de la population.

La gaucherie de ces travaux publics n’est pas dramatique en soi mais, par contre, ce n’est un secret pour personne qu’un des frères du gouverneur dirige une des entreprises de construction travaillant sur ces projets. De la même manière tout le monde sait que ces activités de « destruction-construction » sont intimement liées au financement de la campagne électorale pour la présidence de la République du candidat du PRI, Roberto Madrazo.

Même si jusqu’à présent toutes les tentatives de vérification des comptes ont été freinées, il est évident que ces travaux et beaucoup d’autres ont coûté des milliards de pesos aux oaxaquègnes sans pouvoir savoir où est passé réellement cet argent.

Une bonne partie des fonctionnaires travaillant pour Ulises occupe des positions importantes  dans la branche correspondant à leurs intérêts économiques. Par exemple, la responsable du tourisme possède des restaurants et des hôtels. De la même manière, la personne chargée des transports est propriétaire d’un des services de transports urbains de la ville de Oaxaca. Elle a d’ailleurs été accusée de vendre pour plusieurs millions de dollars des concessions illégales aux chauffeurs de taxi en échange de faveurs politiques. Cet acte illicite, déclaré et avéré reste toujours impuni.

D’autre part, dans divers municipios (NDT division administrative) les dénonciations se sont multipliées face aux abus d’autorités, au manque de transparence du maniement des ressources et aux agressions répétées que subissent les gens refusant ou remettant en question ces actions.

Les points que nous venons de développer ne sont qu’un infime échantillon de la manière toute particulière avec laquelle Oaxaca est gouverné.

Le contexte national

Pour mieux comprendre ce qui se passe à Oaxaca, il faut remonter au niveau fédéral. Il y a 6 ans, pour la première fois depuis la révolution mexicaine, un autre parti gagne la bataille électorale présidentielle. Ainsi le PRI (Parti Révolutionnaire Institutionnel) cède la place aux conservateurs du PAN (Parti d’Action National). Après 6 ans de gouvernement désastreux du PAN, le PRI essaye par tous les moyens de récupérer la présidence. Une des stratégies pouvant permettre de gagner les élections était de rassembler de l’argent et des votes à Oaxaca. C’est dans cette optique, par le biais d’élection dont la légitimité est remise en cause, qu’Ulises Ruiz devint gouverneur. Dans beaucoup d’élections passées, Ulises a opéré en tant que « mapache ». On utilise le terme de « mapache » pour qualifier la personne passant des accords, la plupart du temps illicite, pour assurer des votes à son parti. Il est vrai que Oaxaca habituellement votait pour le PRI. Ce dernier voulait assurer ce bastion et au passage obtenir de l’argent provenant de fonds publics pour financer la campagne présidentielle.

L’explosion

La liste des abus et des actes impunis commis par Ulises Ruiz  eut raison de la patience des oaxaquègnes le fameux 14 juin 2006, date à laquelle le gouvernement d’Ulises essaya d’expulser violemment le centre de la capitale d’état. Le zócalo de la ville et plusieurs rues attenantes furent occupés par un planton de professeurs appartenant à la section locale du SNTE (Syndicat national des Travailleurs de l’Éducation). Matraques, gaz lacrymogènes, gaz poivre et armes à feu constituaient l’équipement des policiers. La police ne parvint pas à  les déloger et l’agression donna lieu à de nombreuses plaintes et protestations émanant du corps enseignant mais également d’une bonne partie de la société civile de Oaxaca.

Pendant l’expulsion avortée, plusieurs organisations civiles se rassemblèrent pour former l’APPO (Assemblée Populaire des Peuples de Oaxaca). C’est ainsi que débuta le mouvement ample et pluriel dans lequel s’est concentré l’anti-conformisme social régnant.

L’APPO

Dès la première réunion, il fut décidé que l’APPO serait une organisation dont les actions seraient le fruit d’une décision collective, assumant ainsi le caractère d’assemblée et un fonctionnement horizontal, respectant les différentes formes de travail et de lutte. Il fut également résolu qu’il était nécessaire de conserver l’autonomie des divers organisations et groupes qui la composaient. L’APPO n’appartient et ne soutient aucun parti politique. De plus, elle ne recherche pas le pouvoir en tant que tel.

Son principal mot d’ordre est la démission d’Ulises Ruiz mais cela va beaucoup plus loin. Ulises est devenu le symbole de la corruption, de l’impunité, de l’autoritarisme et de l’oppression qui ont dominé l’état depuis si longtemps. La démission d’Ulises va de paire avec l’exigence que Oaxaca soit gouvernée pour le bien de l’ensemble des citoyens et pas seulement pour l’élite politique et ses caciques. Les oaxaquègnes exigent la transparence dans le maniement des ressources publiques, la participation citoyenne active dans les prises de décision et la mise en place de politiques qui répondent aux besoins réels de la population.

Ces demandes sont les résultats de réunions, forums et dialogues citoyens qui se sont développés pendant les mois de résistance. L’APPO, à travers diverses actions, avec l’adhésion et la solidarité de centaines de milliers de personnes, a su démontrer qu’à Oaxaca il existe une rancœur généralisée et partagée et qu’un changement de fond est inévitable.

Les actes de résistances et de pression politique de l’APPO prirent différentes formes : le blocus des routes, l’occupation de bureaux du gouvernement, dans certains cas pour plusieurs semaines comme la Chambre des Députés qui fut occupée pendant plus d’un mois. Il en fut de même pour certains émetteurs radios et télévisions du gouvernement ou privés. À cela il faut ajouter la fermeture prolongée des milliers d’écoles publiques de l’état.

La sympathie et l’adhésion à l’APPO ont été très importantes. À l’appel aux manifestations et aux actions organisées  ont répondu l’enthousiasme et la force de centaines de milliers de personnes. L’APPO a eu un impact qui se fait aujourd’hui encore sentir dans beaucoup de régions du pays et du monde. Maintenant il existe des Assemblées populaires jumelles sur le territoire national mais également à l’étranger.

Certains disent que le peuple de Oaxaca est en train de donner le ton à une nouvelle forme d’organisation et de résistance citoyenne : l’expérience de Oaxaca a fait surgir de nouvelles stratégies de lutte sociale qui correspondent aux réalités auxquelles le monde doit faire face à l’aube du XXIème siècle.

Cette lutte a duré 6 mois. Cependant, durant le dernier mois, l’APPO a été sauvagement attaqué. Ses actions ont été limitées par la peur, les persécutions, les agressions physiques, les disparitions, les détentions, les emprisonnements, la torture et les assassinats.

L’APPO contre le gouvernement

Les actes de résistance de l’APPO mirent en évidence de manière irréfutable une incapacité à gouverner cet état. Les institutions ne travaillent pas ou le font d’une manière très irrégulière. Le congrès local tenait session dans des maisons particulières, presque en cachette. Ulises Ruiz essayait de faire croire qu’il n’y avait aucun problème grave dans la région et faisait des visites secrètes et furtives pendant des événements soi-disant publics. Des dizaines de gardes du corps et de policiers posaient en faisant croire qu’Ulises était accompagné par une foule. Les médias pouvaient ainsi nous faire penser qu’il continuait à gouverner. Plusieurs fois, ces mises en scène furent interrompues ou annulées pour permettre la fuite du gouverneur invisible  avant que celui-ci ne soit attrapé par un groupe de oaxaquègnes ayant appris qu’il se trouvait là.

L’anecdote suivante montre quel était le degré d’incapacité à gouverner : une commission formée de 3 sénateurs fédéraux vint à vérifier si Oaxaca était ou n’était plus gouverné. Ulises Ruiz ne put les recevoir dans son propre bureau sous peine de faire face aux manifestations massives des oaxaquègnes. Il dût tenir cette réunion dans le hangar de l’aéroport de la ville de Oaxaca dans un bureau provisoire entouré de policiers.

Depuis le mois de mai, la vie quotidienne des oaxaquègnes a radicalement changé. Les actions de résistance et la répression du gouvernement ont eu pour conséquence de nombreux blessés,  disparus,  torturés et  tués. La dynamique économique a fortement ralenti. L’église, les entrepreneurs, les présidents municipaux et plusieurs secteurs de la société demandaient que le conflit soit résolu de manière urgente et cela pacifiquement.

Parmi les actions menées par le gouverneur, on peut citer les manifestations en sa faveur afin de répondre aux mobilisations populaires massives. Ces événements utilisaient les personnes qui désiraient conserver une position neutre (ni en faveur d’Ulises, ni en faveur de l’APPO) mais souhaitaient arriver à une résolution pacifique du conflit. À ceux la venaient s’ajouter les employés du gouvernement menacés de licenciement s’ils ne participaient pas –et s’ils ne recrutaient pas d’autres manifestants- ou encore des personnes à qui on offrait  de l’argent, des vivres ou des téléphones portables pour assister à ces événements.

On sait également que le groupe d’Ulises embauche des personnes pour vandaliser les commerces et les bâtiments publics, pour attaquer, voler, incendier et parfois même tuer ; tout cela dans le but de discréditer l’APPO tout en semant la terreur. Certaines recrues sont des prisonniers qu’on laisse en liberté à la condition qu’ils s’allient aux plans du gouverneur. Lorsqu’ils terminent leurs méfaits, les délinquants signent des décharges en se faisant passer pour des membres de l’APPO. Ces vrais délinquants reçoivent  en récompense des armes et de l’argent. Parfois on les laisse même garder leurs butins.

Les infâmes « convois de la mort » furent une preuve notoire des méfaits commis par le gouvernement : des voitures remplies de policiers en uniformes ou de personnes habillées en civil sillonnaient les rues de nuit tirant sur les gens. Les convois de la mort incitèrent les habitants de la ville de Oaxaca à construire des barricades qu’ils surveillaient entre voisins pour empêcher les tueurs de circuler. Les riverains bloquaient la circulation dans leur quartier et dans toute la ville. On a compté plus de 1500 barricades.

Pendant qu’il commanditait ces exactions, Ulises faisait des apparitions dans les médias de grande audience commentant qu’à Oaxaca il n’y avait rien à signaler, à part quelques délinquants et radicaux qui posaient  problèmes mais que lui et son gouvernement seraient toujours ouvert au dialogue et continuaient à travailler pour son peuple chéri qui avait voté pour lui.

Pendant ce temps… les élections présidentielles

Trois semaines après l’éclatement du conflit, eut lieu l’élection présidentielle. Le comptage officiel donna vainqueur le PAN (grâce au soutien à demi avoué du PRI) avec une marge de 0,5%. On annonça la victoire contre le candidat du PRD, parti de gauche, qui remet en question et défie l’élite politique du pays.

Le peuple de Oaxaca exprima sa rupture en votant en faveur du PRD pour la première fois de son histoire électorale. En fait d’un soutien au PRD, il s’agit plutôt d’un vote de punition contre le PRI et le PAN.

La légitimité du processus électoral fut vivement remise en question par beaucoup de mexicains. Une mobilisation populaire massive s’organisa afin d’exiger un nouveau dépouillement du scrutin, vote par vote, dans tout le pays. Le Tribunal électoral refusa la requête et, le nouveau président de la République, Felipe Calderon Hinojosa prit ses fonctions avec une légitimité contestable.

Dans le cas de Oaxaca, le nouveau président, au lieu de résoudre le conflit de Oaxaca, a opté pour la main de fer et jusqu’à présent tout tend à démontrer qu’il protège Ulises Ruiz pendant que celui-ci essaye d’anéantir l’APPO.

La situation actuelle

La lutte des peuples associée avec l’APPO et les actions du gouvernement prirent une tournure beaucoup plus radicale à la fin du mois d’octobre, lorsque 3000 éléments de la PFP (Police Fédérale Préventive) entrèrent dans la ville de Oaxaca. Avec leurs casques, leurs boucliers et leurs uniformes gris blindés, ils ressemblaient à des robots accompagnés d’hélicoptères et de petits tanks desquels étaient jetés des grandes quantités de gaz lacrymogènes, de l’eau à haute pression et des liquides extrêmement irritants.  Le gouvernement dut appeler des renforts pour vaincre les oaxaquègnes qui avaient construit des barricades et qui était prêt à défendre les espaces qu’ils avaient pris en signe de protestation. Il leur fallu plusieurs jours et de nombreuses confrontations très violentes qui transformèrent la ville en un véritable champs de bataille.

Les images de l’entrée de la police face aux personnes armées de pierres, de lance-pierres, de cocktails Molotov, de pétards et de mouchoirs imbibés de vinaigre pour contrecarrer les effets des liquides et des gaz irritants furent diffusées dans le monde entier. Fin novembre, l’APPO et la population qui lutte à ses cotés durent rendre les espaces qu’ils avaient gagnés les mois précédents.

À présent que les journalistes s’en vont, commencent les agressions plus violentes. C’est une véritable chasse aux sorcières dans le meilleur style « fasciste » qui a été lancée. Des patrouilles font des rondes, vont chercher les gens chez eux ou sur leur lieu de travail et les font disparaître. Certains parlent d’une liste qui serait en possession de la police contenant 500 noms et photos des personnes à arrêter à tout prix.

Le gouvernement, violant tous les droits individuels, du citoyen et de l’homme invente des délits graves et emmène les gens dans des prisons de haute sécurité, loin de Oaxaca. Là-bas, les familles doivent faire face à un système judiciaire pris au piège et payer des millions de pesos de caution pour protéger les leur des coups et des tortures.

Le commandement de la PFP a reconnu que leur mission dans l’état de Oaxaca était d’occuper le terrain et que la solution ne relevait plus du domaine politique mais bien militaire. Un des dirigeants de l’APPO, Flavio Sosa Villavencio, fut interpellé et rapidement enfermé dans une prison de sécurité maximale alors qu’il sortait d’une conférence de presse dans laquelle il venait d’annoncer des accords de mise en place d’un dialogue avec le gouvernement fédéral.

Le Ministère de la Justice de l’état a mis en place un nouveau «  corps spécial » pouvant intervenir dans n’importe quel lieu afin d’arrêter les personnes considérées comme ennemies du gouverneur.

Selon les chiffres de la LIMEDH (Ligue mexicaine des Droits de l’Homme), il y aurait eu jusqu’à maintenant 15 exécutions, 200 arrestations, 150 blessés et plus d’une trentaine de disparus auxquels il faut rajouter les 200 mandats d’arrêt qui devraient être délivrés prochainement.

Certains membres des forces de la PFP et de la Police ministérielle de Oaxaca ont fait intrusion violement et en étant armés dans les écoles et dans leur foyer pour interpeller les enseignants.

L’église catholique au sein de l’état a dénoncé l’inexistence des garanties individuelles dans Oaxaca. Le peintre Francisco Toledo affirme que nous sommes au bord de la guerre civile.

Ce n’est pas la fin

La nervosité, la peur, la fatigue, le désespoir et la colère sont quelques mots qui résument le sentiment général à Oaxaca au jour d’aujourd’hui, mais tout n’est pas perdu.

Le conflit nous a donné la possibilité d’entrer en contact avec des personnes et des groupes dont nous n’aurions jamais imaginé l’existence. Nous nous sommes réunis dans de nombreux forums, réunions et dialogues pour connaître les travaux et les initiatives intéressantes et analogues. Nous ne faisons qu’un avec ceux qui mènent les luttes sociales, les entrepreneurs, l’église pensante et engagée, les enseignants, les organisations sociales, les leaders indiens et même certaines personnes travaillant par nécessité pour le gouvernement sans lui donner pour autant foi.

Même si, dernièrement, la société oaxaquègne s’est démobilisée par peur et les organisations politiques s’occupent plus de leur propre sécurité que celle des citoyens croyant en elles, peu à peu, partout des voix se lèvent pour protester. Ces voix attendent toujours un changement positif, elles veulent mettre fin à l’autoritarisme, la prépotence, la corruption, l’enrichissement illicite, les dépenses somptuaires, le mépris envers les pauvres et la répartition tellement injuste de la richesse.

Nous voulons que l’éducation serve réellement aux personnes et aux communautés et qu’elle ne les oblige pas à les envoyer hors de leur région ; une politique sociale qui aide vraiment à améliorer les conditions de vie de la plupart ; une vie citoyenne laissant plus de place à la participation. Nous souhaitons que le maniement des ressources publiques soit transparent et que nous puissions participer aux décisions quant à son application ; un soutien à la culture prenant en compte la diversité des peuples qui vivent à Oaxaca ; l’exercice de la libre expression ; et une politique économique qui profite à tous et pas seulement aux proches du gouvernement.

En résumé, nous aspirons à une vie digne.
Dernière mise à jour : ( 05-03-2008 )
 
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